C’est la première rétrospective dédiée à Gustave Guillaumet (depuis 1899), figure essentielle de la peinture orientaliste du XIXe siècle, méconnue aujourd’hui du grand public. Cette exposition dévoile une centaine d’œuvres: huiles sur toile pastels, croquis empruntés à des collections privées ou publiques. La pièce maîtresse La Famine (1869), toile monumentale — oubliée, retrouvée en très mauvais état, et restaurée — est présentée exceptionnellement en France, avant d’être ensuite restituée à l’Algérie.

L’Inspecteur des moissons, collection particulière © Corinne Sadaune

Un peintre naturaliste

Grand connaisseur de l’Algérie — pays qu’il découvrit par hasard alors qu’il devait embarquer pour l’Italie — ce témoin de la conquête coloniale est vite fasciné par le pays, ses déserts et ses habitants. Il consacre la totalité de son œuvre à ce pays et y fait une dizaine de longs séjours. Au cours de ses multiples rencontres avec les habitants, il réalise un grand nombre de peintures et croquis: bivouacs de chameliers, portraits d’hommes ou de jeunes filles arabes, scènes de prière, intérieurs sahariens, veillées nocturnes, déserts, porteuses d’eau, tisserandes, fileuses, casbah, tentes berbères, guerriers…

© Corinne Sadaune

La composition monumentale, La Famine en Algérie, appartenant au musée de Constantine, a été restaurée par les trois musées coproducteurs de l’exposition grâce à une généreuse levée de fonds. Elle montre la détresse de la population frappée par la famine, sujet mal accueilli par la critique… par la suite, Guillaumet se détournera de la peinture historique. Artiste respecté, il disparaitra prématurément à 47 ans. Un monument funéraire est élevé sur sa tombe au cimetière de Montmartre.

Nos coups de cœur: «Aïn Kerma, source du figuier, smala de Tiaret», Prière du soir dans le Sahara, Marche arabe dans la plaine de Tocria, Labour au coucher du soleil, Guerriers arabes au repos, et Dromadaire monté.

Une exposition passionnante, un orientalisme singulier avec le regard parfois quasi ethnographique de Guillaumet, placé dans le contexte historique de la colonisation. A découvrir jusqu’au 2 juin 2019!

Le catalogue

Un bel ouvrage qui fera référence. Editions Gourcuff-Gradenigo.

A l’occasion de cette rétrospective, La Piscine organise son Printemps algérien et propose trois autres expositions:

Hommage à Claude Vicente, ancien directeur des beaux-arts d’Oran et de Tourcoing,

Naime Merabet, fenêtre sur l’Algérie

Roubaisien, né en Algérie en 1978, il livre sa vision de l’Algérie contemporaine.

Abdelkader, l’émir de la résistance

Présentation de portraits d’Abdelkader, figure de la résistance anticoloniale et considéré comme le fondateur de l’état algérien moderne.

Informations pratiques:

La Piscine, 23 rue de l’Espérance 59100 Roubaix.

Jusqu’au 2 juin 2019.

www.roubaix-lapiscine.com

La famine © Corinne Sadaune
Vicente © Corinne Sadaune
Ange Tissier, Portrait d’Abdelkader, Versailles, musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon DR © Corinne Sadaune

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