Pour sa 23ème exposition, du 4 février au 11 mai 2014, l’Espace culturel Louis Vuitton propose, en collaboration avec Astralis de voyager dans les profondeurs de l’Astral par une exploration des mondes de l’insondable et de l’inaccessible, grands pourvoyeurs de visions.

Art Orienté Objet. Croquis pré-visionnaire. 2013. Stylo sur papier. 15x21 cm. © Art Orienté Objet (Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin).
Art Orienté Objet. Croquis pré-visionnaire. 2013. Stylo sur papier. 15×21 cm. © Art Orienté Objet (Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin).

« L’Astral » est l’autre nom de « l’Invisible » et convoque les motifs du céleste, du subtil et des outre-mondes. Une évocation à la fois du voyage intérieur et de la projection hors corps de la conscience. Toute cette dimension mystérieuse suscite l’intérêt des scientifiques qui se lancent dans de troublantes recherches ainsi que celui des artistes.

Basserode. Via Lactea- 2012. PVC, aluminium, LEDs, machine à vapeur, bois. 250x110x 70 cm. ©Basserode et le Parvis, Tarbes. Photo: Alain Alquier.
Basserode. Via Lactea- 2012. PVC, aluminium, LEDs, machine à vapeur, bois. 250x110x 70 cm. ©Basserode et le Parvis, Tarbes. Photo: Alain Alquier.

C’est sous forme de voyages initiatiques qu’Astralis expose ces visions et ces pouvoirs de l’art aux côtés de douzes artistes internationaux qui ont conçu autant de paysages et d’antichambres vers l’ailleurs.

Borre Saethre. Sans titre (La doctrine Tarkin). 2012. Vue de l’installation au Trispostal, Lille, France. © Borre Saethre. Courtesy : Borre Saethre and Loevenbruck Gallery Gallery, Paris. Photo : Maxime Dufour.
Borre Saethre. Sans titre (La doctrine Tarkin). 2012. Vue de l’installation au Trispostal, Lille, France. © Borre Saethre. Courtesy : Borre Saethre and Loevenbruck Gallery Gallery, Paris. Photo : Maxime Dufour.
Charley Case. Cosmic Logde, projet pour l’exposition Astralis. 2013. Pyrogravure sur papier. 20x20 cm. © Charley Case.
Charley Case. Cosmic Logde, projet pour l’exposition Astralis. 2013. Pyrogravure sur papier. 20×20 cm. © Charley Case.

Le parcours de l’exposition débute par la cascade en forme de vanité que Myriam MECHITA a créée pour la vitrine de la rue de Bassano, alors que l’accueil des six anges de David ALTMEJD nous guide vers le tunnel de lumière de Børre SAETHRE ouvrant sur une succession de mondes parallèles. Celui des visions de Chloé PIENE où tout semble commencer par la fin, puis de Jean-Luc FAVERO où l’artiste redonne vie à un cerf en créature de lumière, conduisant au « Cosmic Lodge » de Charley CASE, véritable passage via le monde des ancêtres et des esprits.

Damien Deroubaix. Sans titre. 2013. Aquarelle, encre et acrylique sur papier. 407,5x361 cm. © In situ gallery/ fabienne leclerc. Paris. Courtesy : Nosbaum&Reding Luxembourg & In situ gallery/ fabienne Leclerc, Paris. Photo : Marianne Helletal.
Damien Deroubaix. Sans titre. 2013. Aquarelle, encre et acrylique sur papier. 407,5×361 cm. © In situ gallery/ fabienne leclerc. Paris. Courtesy : Nosbaum&Reding Luxembourg & In situ gallery/ fabienne Leclerc, Paris. Photo : Marianne Helletal.

Puis s’offre un curieux paysage d’expériences visionnaires : celles de Vidya GASTALDON s’incarnent dans une composition avec un berceau en lévitation associé à d’étranges peintures, alors que la sculpture lumineuse «Via Lactea» de BASSERODE diffuse une brume nimbant les anges de sélénite et la machine à réincarner les âmes en arbres de Siobhàn HAPASKA.

Siobhan Hapaska. Quatre Anges. 2012. Sélénite, aluminium, béton, tissu, composants éléctriques. 100x100x137cm. © Siobhan Hapaska. Courtesy : Andréhn-Schiptjenko Gallery, Stockholm.
Siobhan Hapaska. Quatre Anges. 2012. Sélénite, aluminium, béton, tissu, composants éléctriques. 100x100x137cm. © Siobhan Hapaska. Courtesy : Andréhn-Schiptjenko Gallery, Stockholm.
Vidya Gastaldon. Let it god (Santa table) – 2013. Dimensions variables. © Vidya Gastaldon. Courtesy : Vidya Gastaldon & Art :Concept, Paris. Photo : Fabrice Gousset.
Vidya Gastaldon. Let it god (Santa table) – 2013. Dimensions variables. © Vidya Gastaldon. Courtesy : Vidya Gastaldon & Art :Concept, Paris. Photo : Fabrice Gousset.

Le cabinet de Damien DEROUBAIX au plafond peint céleste qui revisite les cieux baroques est habité par EA, le dieu akkadien des profondeurs. Il fait écho à ce chien de céramique aux deux têtes décapitées de l’antichambre des « Incendies volontaires » de Myriam MECHITA avec ses arbres luminescents et leur constellation de visions.

Chloé Piene. Sans Titre (CB). 2010. Fonte de fer et pique en acier. 33 x 33 x 160 cm. Courtesy : Chloe Piene & Nathalie Obadia Gallery, Paris / Bruxelles.
Chloé Piene. Sans Titre (CB). 2010. Fonte de fer et pique en acier. 33 x 33 x 160 cm. Courtesy : Chloe Piene & Nathalie Obadia Gallery, Paris / Bruxelles.

Mais avant de s’engager dans le final du ballet cosmique des créatures hybrides de Rina BANERJEE, il faut croiser les broderies prophylactiques de ART ORIENTÉ OBJET (Marion LAVALJEANTET et Benoit MANGIN), avant de se laisser visiter par leur ultime vision de l’exposition, composée d’un lit à baldaquin, d’une échelle de lumière et d’étranges mains, qui semblent nous être tendues depuis un au-delà.

David Altmejd. Sans titre. 2009. Plâtre dentaire sur bandes de toile de jute, métal. Dimensions variables. Courtesy : Les Abattoirs, Toulouse & Andrea Rosen Gallery, New York.
David Altmejd. Sans titre. 2009. Plâtre dentaire sur bandes de toile de jute, métal. Dimensions variables. Courtesy : Les Abattoirs, Toulouse & Andrea Rosen Gallery, New York.
Jean-Luc Favéro. Cerf-transfiguré 2013. Crâne et bois de cerf, fer et grillage galvanisé. 400 x 300 x 250 cm. Courtesy : Jean-Luc Favéro.
Jean-Luc Favéro. Cerf-transfiguré 2013. Crâne et bois de cerf, fer et grillage galvanisé. 400 x 300 x 250 cm. Courtesy : Jean-Luc Favéro.

Emprunté à un poème de Novalis, figure mythique du romantisme allemand au début du XIXe siècle, Astralis nous renvoie à l’évocation de « l’humain sidérique ». Un individu de l’ordre du rêve et de la réalité confondus qui, à l’instar des artistes et des visiteurs de l’exposition, évolue aux confins du visible et de l’invisible. Jusqu’à parfois atteindre l’extase et l’illumination lorsque l’unisson avec les forces de l’univers se produit.

Myriam Mechita. Les incendies volontaires ou le fracas de la proie 2013. Courtesy : Myriam Mechita & Le Parvis, Tarbes & Eva Hober Gallery, Paris.
Myriam Mechita. Les incendies volontaires ou le fracas de la proie 2013. Courtesy : Myriam Mechita & Le Parvis, Tarbes & Eva Hober Gallery, Paris.
Rina Banerjee. Une femme folle, L’Eve éternelle, un singe trompé a sauté d’un membre à l’autre en plein air, a enfermé dans une mélancolie malveillante et bulbeuse dans la queue qui a navigué et avec une toux simple, une goutte soudaine, un rideau de bulles, des larmes renversées pour envoyer de la terre et des liquides, de l’engrais, toutes les migrations de liquide se répandant à l’étranger et à travers le monde. © Rina Banerjee. Courtesy : Rina Banerjee & Pace Prints Gallery, New York.
Rina Banerjee. Une femme folle, L’Eve éternelle, un singe trompé a sauté d’un membre à l’autre en plein air, a enfermé dans une mélancolie malveillante et bulbeuse dans la queue qui a navigué et avec une toux simple, une goutte soudaine, un rideau de bulles, des larmes renversées pour envoyer de la terre et des liquides, de l’engrais, toutes les migrations de liquide se répandant à l’étranger et à travers le monde. © Rina Banerjee. Courtesy : Rina Banerjee & Pace Prints Gallery, New York.

C’est donc à travers les modalités de la quête visionnaire, du transport ou du voyage astral, voire des états modifiés de conscience, que cette exposition interroge les fondements mêmes de la nature artistique d’une humanité qui n’a de cesse de se confronter aux confins de l’imperceptible et de l’inouï. Comme si l’art redevenait le moyen d’ouvrir les portes de la perception et du vivant à d’autres dimensions et à de nouveaux territoires.

Espace culturel Louis Vuitton
60, rue de Bassano, Paris 8ème
T. +33 1 53 57 52 03
espaceculturel@louisvuitton.com
www.louisvuitton.com/espaceculturel

Marina Caderby