L’ouverture de saison de la Comédie-Française a débuté avec ce petit bijou de spectacle mettant en scène un cabaret et ses quatre transformistes.

L’histoire: C’était le temps de l’entre-deux-guerres quand Paris était, avec Vienne et Berlin, le vivier de cabarets et de bals de travestis, lieux clandestins autant qu’espaces de liberté où l’homosexualité faisait un pied de nez à la société qui l’interdisait. Le Tout-Paris venait s’y encanailler. Bienvenue à L’Interlope! Dans ce cabaret, la garçonne qui dirige les lieux nous accueille…

Ce spectacle est un pur moment de plaisir où l’on ressent l’amusement et la complicité de la troupe. On aime le portrait empli de tendresse de ces quatre travestis, un hommage à leur différence et à leur mémoire. Ce monde de strass, de paillettes et de plumes nous amuse et nous touche profondément. Les tableaux s’enchaînent depuis la préparation des comédiens dans leur loge jusqu’à ce show grandiose avec des tenues (costumes, accessoires, coiffes, boas…) prêtées par le Moulin Rouge!

A la fois touchants et émouvants, on se laisse entraîner par les comédiens et leurs belles voix qui interprètent de grands succès de l’époque et des chansons à double sens (revisitées avec humour !) comme «Avoir un bon copain». On aime la sélection des chansons, d’un poème d’Apollinaire à un sonnet de Shakespeare à Garçon manqué de Juliette… Un grand bravo à la mise en scène de Serge Serge Bagdassarian, tout en tendresse. Les comédiens sont une fois de plus excellents et on ne boude pas notre plaisir devant ce spectacle. Allez vite découvrir L’Interlope!

Studio-Théâtre de la Comédie-Française, 99 rue de Rivoli 75001 Paris. Jusqu’au 30 octobre 2016, du mercredi au dimanche à 18h30. Location: 01 44 58 98 58. www.comedie-francaise.fr/

Conception et mise en scène: Serge Bagdassarian.

Interprètes: Véronique Vella,  Michel Favory,  Benjamin Lavernhe  et  Serge Bagdassarian.

Corinne Sadaune

 

L'Interlope (cabaret) © Brigitte Enguerand
L’Interlope (cabaret) © Brigitte Enguerand
© Brigitte Enguerand
© Brigitte Enguerand
© Brigitte Enguerand
© Brigitte Enguerand