Une équipe internationale de scientifiques et d’historiens de l’art  — menée par Abbie Vandivere, conservatrice du Mauritshuis — vient de révéler quelques secrets de fabrication du chef-d’œuvre (vers 1665) du peintre néerlandais Johannes Vermeer  (Delft 1632 – Delft 1675). C’est l’un des tableaux les plus célèbres au monde, exposé  depuis 1903 à La Haye au Mauritshuis (Pays-Bas).

«The Girl in the Spotlight»

Le projet de recherche baptisé «The Girl in the Spotlight» a été mené par l’Institut des Pays-Bas pour la conservation, l’art et les sciences (NICAS), en partenariat avec le Mauritshuis, le Rijksmuseum (Amsterdam), la National Gallery of Art (Washington), l’Université de Technologie (Delft) et l’Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas.

Les dernières analyses de la toile remontaient à 1994 mais les nouvelles techniques de pointe d’imagerie (microphotographie, en 3D, analyse de la fluorescence des rayons X…) ont mis en lumière de nouveaux détails dévoilant quelques-uns de ses secrets. Si l’identité de la jeune fille reste toujours aujourd’hui un mystère — serait-elle une fille de Vermeer ? Le modèle a t-il réellement existé ? — les résultats de l’étude dévoilent plusieurs éléments passionnants…

Underlayers beneath the surface revealed using multispectral infrared reflectography (MS-IRR)

Le modèle avait des cils et était peinte sur fond vert

Celle que l’on surnomme la «Joconde du Nord» a été peinte avec des cils.

Invisibles à l’œil nu, le scanner à rayon X permet cette détection ; ils se seraient simplement estompés avec le temps. Autre révélation, le fond sombre de la toile serait dû également aux effets du temps car un rideau vert foncé aurait été initialement peint. Enfin les recherches permettent de savoir que Vermeer a utilisé des pigments rares qui venaient du monde entier pour sa palette de couleurs, l’outremer était en provenance d’Afghanistan, un piment encore plus précieux que l’or à l’époque !

Dernière révélation surprenante, la perle pourrait être une illusion composée de touches translucides et opaques de pigment blanc car on ne trouve aucun crochet reliant la perle à l’oreille !

Vermeer : «Il est une énigme dans une époque où rien ne lui ressemble, ni ne l’explique.» Marcel Proust

Vivement la réouverture du musée (fermé suite au Covid-19) pour contempler à nouveau ce chef-d’œuvre !

Mauritshuis

Plein 29 La Haye.

www.mauritshuis.nl/nl-nl/informations-pour-les-visiteurs/?gclid=CjwKCAjw4871BRAjEiwAbxXi24Gk3O9j2BotQK-3M9513GpgUKUoEHVHFaglAVvQqI5UiArr4_gdwRoCjaIQAvD_BwE

The Girl in the Spotlight project. [Sylvain Fleur and the Girl in the Spotlight team]

Crédit Une:

Left: Visible light photograph [René Gerritsen Art & Research Photography].
Middle: Earth pigments containing iron (Fe) (MA-XRF). [Annelies van Loon: Mauritshuis/Rijksmuseum].
Right: Reflectance imaging spectroscopy (RIS). [John Delaney and Kate Dooley: National Gallery of Art, Washington.]